vendredi 8 septembre 2017

Goscinnyscope





"Goscinnyscope", mon nouveau livre, est sorti depuis le 6 septembre chez Dunod.

Astérix, le Petit Nicolas, Lucky Luke, Iznogoud... L'œuvre de René Goscinny est connue de tous mais son volet cinématographique et télévisuel, d’une grande richesse, a souvent été survolé. Lui qui a débuté comme gagman non crédité au générique a terminé producteur de ses films, à la tête – avec Albert Uderzo – d’un important studio d’animation européen. Au cours de cette période riche en collaborations, des succès à l’épreuve du temps comme Astérix et CléopâtreLe Viager ou La Ballade des Dalton ont permis à des milliers de fans de retrouver au cinéma le style de Goscinny. "Goscinnyscope" revient sur le parcours méconnu de la carrière cinématographique du maître de la BD et dévoile l’étendue de son héritage, après sa soudaine disparition.

Préface de Patrice Leconte
192 pages
16.90 euros

vendredi 26 mai 2017

"Roger Moore a permis à James Bond de renaître"



A l'occasion de la disparition de Roger Moore, j'ai répondu aux questions de la journaliste Mélissa Chevreuil du Point. 

Le Point Pop : Qu'est-ce que Roger Moore a apporté à James Bond ?
Philippe Lombard : Roger Moore a permis à la série de renaître. Dans les années 60, Sean Connery et la saga James Bond étaient intimement liés, on ne pouvait pas imaginer quelqu'un d'autre dans le rôle. George Lazenby, qui lui succède en 1969 dans Au service secret de Sa Majesté, est coincé dans l'imitation. Quand les producteurs engagent Moore en 1973 pour Vivre ou laisser mourir, ils savent qu'ils partiront enfin sur autre chose. Sa personnalité déborde sur ses personnages, comme dans la série Amicalement vôtre. Il incarne un tout nouveau type de héros, pince-sans-rire, élégant, dénué de toute noirceur. Il a conscience que, de toute façon, il ne peut pas faire du Sean Connery. Il apporte une certaine légèreté.

Comment expliquer que son interprétation fut parfois « décriée » ?
L'ère portée par Sean Connery était noire et violente. Bons Baisers de Russie (1963) n'a rien d'une comédie. Alors que dans L'Homme au pistolet d'or (1974), on s'amuse du début à la fin ! Roger Moore a amené une forme de divertissement caractéristique de son époque. Et on sait comme les gens sont récalcitrants au changement. On considérait aussi qu'il n'était pas très bon acteur à l'époque. On aimait le caricaturer avec un fort accent anglais et un sourcil constamment relevé. Roger Moore le savait et en jouait souvent. Si son interprétation n'était pas aussi spectaculaire que celle de Sean Connery, on ne peut pas lui enlever une certaine présence. D'autant plus qu'il ne convoitait pas particulièrement le rôle. Son rêve à lui, c'était de jouer le méchant ! (rires)

S'il fallait définir le « style Roger Moore » en quelques mots ?
Un style très second degré, entre le charme et la décontraction. C'est un James Bond qui, définitivement, ne se prend pas au sérieux, qui casse presque le quatrième mur. On a l'impression que, parfois, il nous regarde, comme lorsqu'il lance un coup d'œil au public. Dans Octopussy, en 1983, il chante même le célèbre générique d'ouverture créé par Monty Norman ! (Ndla : je n'ai pas tout à fait dit cela, vous vous en doutez et vous aurez rectifié de vous-même, j'en suis sûr)

A-t-il laissé quelque chose à ses successeurs comme Pierce Brosnan ou Daniel Craig ?
Selon moi, Pierce Brosnan était le parfait mélange entre Sean Connery et Roger Moore. Du premier, il a emprunté son humour et sa nonchalance. Du second, il a gardé la violence et la dureté. En revanche, il n'a pas laissé grand-chose à Daniel Craig qui ressemble plus à Sean Connery, tout en intensité et en virilité.

Comment a-t-il vécu l'après-James Bond  ?
Roger Moore a connu une période difficile, mais il savait qu'il fallait bien s'arrêter un jour. Dans Dangereusement vôtre, son dernier James Bond sorti en 1985, il a déjà 58 ans ! S'il n'a pas vraiment réalisé de film majeur par la suite, c'est aussi qu'il n'a jamais cherché à sortir du costume de l'agent secret. À l'exact opposé de Sean Connery, qui, lui, ne rêvait que de ça. Il a toujours gardé un tendre souvenir de son époque 007 et, plus que tout, il aimait être associé au rôle, sachant pertinemment ce qu'il lui devait. Il est même allé voir Pierce Brosnan sur le tournage de GoldenEye pour lui souffler quelques conseils. Même si, forcément, il est avant tout attaché aux épisodes de son époque. Selon lui, ceux avec Daniel Craig sont bien trop violents !

Pourrait-on voir à nouveau un James Bond joué « façon Roger Moore » ?
Cela m'étonnerait fort. Je ne pense pas qu'on puisse transposer des éléments de sa période à la nôtre aussi facilement. C'était vraiment une autre époque, les films étaient moins violents, on pouvait, comme Roger Moore, tenter l'interprétation « cartoonesque ». Et surtout, la concurrence n'était pas là même. Entre les Mission Impossible et Jason Bourne, on n'a jamais vu autant d'espions, perpétuellement au cœur de l'action. Roger Moore, on ne l'a jamais vu courir ! (rires)

mercredi 24 mai 2017

Roger Moore (1927-2017)


mercredi 1 février 2017

"Le Paris de Michel Audiard"




Mon nouveau livre, "Le Paris de Michel Audiard", sort le 2 février aux éditions Parigramme. J'y évoque les liens du "P'tit cycliste" avec sa ville, son 14e, son parc Montsouris, ses bistrots, etc. et plus tard le Paname qu'il réinventera dans ses films, de "Rue des prairies" à "Elle boit pas...", en passant par "125, rue Montmartre" et "Le cave se rebiffe".

jeudi 8 décembre 2016

Quelques idées pour Noël...


Noël, c'est toujours galère pour trouver des cadeaux. Alors, si je peux aider...


jeudi 1 décembre 2016

Bons baisers d'Anet

La dernière convention du Club James Bond France a eu lieu les 19 et 20 novembre derniers à Anet, où a été tournée la séquence prégénérique de Opération Tonnerre (1965). Nous avons pu visiter les parties du château les plus "bondiennes"... Un lieu et un moment exceptionnels.



La chapelle où se déroulent les funérailles de Jacques Bouvard se trouve dans la cour du château (malgré ce que l'on voit dans le film).


On n'en aperçoit qu'une partie dans le film, alors que le bâtiment est plutôt imposant.


L'endroit où se trouvent James Bond et Mlle Laporte permettait à Diane de Poitiers et Henri II d'assister à la messe à l'abri des regards.





Enfin, l'endroit au-dessus du portique d'entrée du château d'où s'envole 007 avec son jet pack...





lundi 21 novembre 2016

"Votre coffre est mal fermé"

Dans le prégénérique de Opération Tonnerre (1965), James Bond tue l'agent du SPECTRE Jacques Bouvard dans le grand salon du château d'Anet et s'enfuit en jet pack.


Il atterrit près de son Aston Martin où l'attend l'agent français Mlle Laporte. Elle l'aide à ranger le réacteur dans le coffre puis ils se hâtent de monter en voiture. Seulement voilà, dans leur précipitation, ils ont oublié de fermer le coffre !


Merci à Jean-François Rivière

jeudi 28 avril 2016

Ma nouvelle publication


Mon nouveau livre sort aujourd'hui. Il s'agit du "Petit Livre des Bronzés", publié chez First. (2.99 euros)



Rien à voir avec James Bond, me direz-vous ? Mais si, rappelez-vous : ici.


samedi 9 avril 2016

Un air de "déja vu"...

[article de 2009 réactualisé avec des GIF] La fameuse scène de Rien que pour vos yeux (1981) où James Bond tire sur la voiture de Locque (et que Roger Moore se refusait à tourner, la considérant comme trop violente), doit beaucoup à... un film italien réalisé en 1972 par Michele Lupo, Un homme à respecter ! En effet, le découpage de la séquence est on ne peut plus similaire... La preuve en images :



















jeudi 25 février 2016

Mes nouvelles publications

Aujourd'hui 25 février sortent mes deux nouveaux livres, chez deux éditeurs différents !


Pour tout savoir sur les super-héros (origines, comics, adaptations, etc.), chez First, dans la même collection que le James Bond.



Comment des personnages aussi populaires que James Bond, Tintin ou Barbapapa ont-ils trouvé leurs noms ? Chez Omnibus.

jeudi 4 février 2016

007 vu par François Truffaut




En 1979, François Truffaut fit cette "intéressante" déclaration à un journaliste de la revue Sight and Sound :

« Pour moi, le premier film qui marque la période de la décadence du cinéma est le premier James Bond – Dr No. Jusque-là, le rôle du cinéma avait été en gros de raconter une histoire avec l'espoir que le public la croirait. Il y avait eu quelques films minoritaires qui étaient des parodies de cette tradition narrative, mais, dans l'ensemble, un film racontait une histoire et le public voulait croire cette histoire. (…) Mais la raison pour laquelle je parle d'une période de décadence inaugurée par les films de James Bond, c'est qu'avant ce genre de parodie n'avait plu qu'à une minorité ou à des snobs, alors qu'avec les films de James Bond, c'est devenu un genre populaire. Pour la première fois, dans le monde entier, le grand public se trouvait exposé à ce qui équivaut à une dégradation de l'art du cinéma, à un genre de cinéma qui n'a de rapport ni avec la vie, ni avec aucune tradition romantique mais seulement avec d'autres films et toujours en les rabaissant. »



lundi 1 février 2016

Festival James Bond aux Fauvettes



Une intégrale des James Bond aura lieu sur grand écran du 3 février au 8 mars au cinéma "Les Fauvettes" à Paris (58, avenue des Gobelins) !!!

mardi 19 janvier 2016

Expo Bond à la Villette



mercredi 13 janvier 2016

Un petit air de Clint Eastwood...




En 2002, Toby Stephens incarne le redoutable Gustav Graves dans Meurs un autre jour. Chose amusante, il sera James Bond lui-même dans plusieurs adaptations radiophoniques de romans de Ian Fleming pour la BBC. Plus étonnant encore, l'un de ses premiers rôles a consisté à jouer... Clint Eastwood jeune, dans les premières scènes de Space Cow-boys (2000) !






lundi 11 janvier 2016

RIP David Bowie


David Bowie avait été approché pour interpréter Max Zorin dans Dangereusement vôtre (1985). Il mit sans doute du temps à refuser, puisque le personnage avait son visage dans le storyboard...




mercredi 6 janvier 2016

"Inapte mais pas réformé" : ma nouvelle publication



L'armée est assurément un monde à part, voire totalement absurde, régi par des codes incompréhensibles. J'ai pu m'en rendre compte par moi-même en effectuant mon service militaire de décembre 1995 à août 1996. Neuf mois dont la finalité globale m'échappe encore aujourd'hui mais dont le souvenir ne manque pas de sel ! Un livre irrévérencieux et plein d'humour sur une institution dont de nombreux hommes politiques réclament aujourd'hui le retour...

"Inapte mais pas réformé : souvenirs consternés d'un appelé du contingent" est disponible en version Kindle sur le site Amazon (2.99 euros, peut être lu même sans appareil Kindle).

à commander ici.

lundi 4 janvier 2016

007 vu par les écrivains (3) : Umberto Eco



Dans son livre De Superman au surhomme (Grasset, 1993), Umberto Eco a analysé les « structures narratives chez Fleming », établissant que chaque intrigue est basée sur le même schéma :


« Bond est envoyé dans un endroit donné pour éventer un plan de type science-fiction échafaudé par un individu monstrueux d’origine incertaine, en tout cas pas anglais, qui, grâce aux activités d’organisation ou de production qu’il dirige, non seulement gagne énormément d’argent mais fait en outre le jeu des ennemis de l’Occident. En allant affronter cet être monstrueux, Bond rencontre une femme qui est sous sa coupe et la libère de son passé en instaurant avec elle un rapport érotique, interrompu à cause du Méchant par la capture de Bond et la torture qui lui est infligée. Mais Bond triomphe du Méchant qui meurt de façon horrible, puis il se repose de ses rudes travaux entre les bras de la femme, qu’il est toutefois destiné à perdre. »

Assez bien vu.

samedi 2 janvier 2016

La chaussure fatale



Dans Bons Baisers de Russie (1963), la terrible Rosa Klebb a à sa disposition un gadget redoutable : une lame empoisonnée rétractable cachée dans sa chaussure. C'est d'ailleurs avec ça qu'elle tuait Bond dans le roman... Cette arme a marqué les esprits et a été reprise dans d'autres films à de nombreuses reprises. 



Dans Quand la Panthère rose s'emmêle de Blake Edwards (1976), un des tueurs lancés à la poursuite de l'inspecteur Clouseau tente de se débarrasser de ce dernier à la Fête de la bière de Munich mais c'est un autre qui prendra le coup à sa place (Anthony Chinn, apparu dans plusieurs Bond, lire ici).



Dans Une nuit en enfer 3 de P.J. Pesce (1999), le hors-la-loi Johnny Madrid est sur le point d'être pendu mais il est sauvé juste à temps...


Une balle coupe la corde au moment où la trappe de l'échafaud s'ouvre et en atterrissant sur le sol, deux (!) lames sortent de ses bottes !




Dans The Dark Knight de Christopher Nolan (2008), le Joker fait irruption dans une soirée donnée par Bruce Wayne et exige qu'on lui livre Harvey Dent...



... mais Batman arrive et une bagarre s'ensuit avec les sbires du fou criminel, avant que celui-ci n'intervienne et n'utilise sa chaussure....



Il y en a bien d'autres encore mais surtout, on la retrouve dans Meurs un autre jour (2002), lors de la visite de 007 dans le laboratoire sous-terrain de Q...



jeudi 31 décembre 2015

Le Time est éternel



Dans Les diamants sont éternels (1971), James Bond lit paisiblement un magazine au bord de la piscine lorsqu'arrive Tiffany Case... Mais que lit-il, exactement ? La simple vision du film ne donne pas la réponse.


Le fonds d'images Getty permet d'identifier la revue : il s'agit de Time Magazine du 12 avril 1971. Le lieutenant William Calley Jr venait d'être condamné devant un tribunal pour avoir mené un massacre de civils vietnamiens en 1969.



à lire également, l'article sur le Time visible dans Goldfinger (ici).

mercredi 30 décembre 2015

007 vu par les écrivains (2) : Roland Barthes and co


 

En décembre 1965, "Le Nouvel Observateur" s'intéresse à James Bond. "Devant un tel phénomène sociologique, nous avons demandé leur opinion à quelques spécialistes des faits humains et des mythes". 

Roland Barthes : "Il y a eu un temps où le héros de notre époque était un homme complet: sans cessé d'être le plus fort, il pensait, savait, il était celui qui voit clair ; c'est ce qu'on pouvait lire dans les rôles et le regard même de Gary Cooper ou de Humphrey Bogart. Bond, lui, n'a jamais l'air de penser et cependant il décide toujours ; il connaît des obstacles, non des résistances ou des fatigues ; il est non seulement invulnérable mais encore inusable et insalissable : c'est un bel objet qui manipule d'autres objets ; il est parfaitement homogène au monde de gadgets dans lequel il vit. Tout cela va cependant très bien dans la mesure où le bondisme se met en spectacle lui-même et comporte toujours un certain grain de parodie : à sa manière, James Bond est un héros distancé."

Jean Duvignaud : "Au cinéma, James Bond est une sorte de monstre : il cristallise assurément la force et représente, par là, un héros bien musclé qui évoque assez bien les beaux SS que d'aucuns trouvaient fascinants ; les femmes qu'il étreint, on aimerait savoir ce qu'elles éprouvent, car ce héros semble bien un monstre froid. Cela dit, on conçoit qu'il exerce une fascination négative - comme celle de Siegfried, un Siegfried libertin."

Georges Balandier : "Avec les aventures de James Bond, les mythologies modernes s'enrichissent d'un nouveau chapitre. On y raconte comment le héros maîtrise le temps et l'espace, comment il brise les manœuvres des organisations et des puissances avec les seuls moyens de l'individu. Reconnaissons-le sans trop jouer sur les mots. Ce personnage fait accomplir un bond en avant dans "l'imaginaire" des hommes du XXe siècle. Il joue le rôle de révélateur."