mercredi 12 mai 2010

Interview Claudine Auger

Claudine Auger ne faisant plus aucune interview et refusant même de parler d'Opération Tonnerre (1965), il faut bien revenir à l'époque du film pour en savoir un peu plus sur son expérience. Elle a ainsi donné une interview à "Jours de France" (n°581 du 1er janvier 1966), dont voici les principaux extraits.

Claudine Auger, vous revenez des Etats-Unis, où vous avez passé trois semaines et précédé Brigitte Bardot d'un mois tout juste. Racontez-nous ce roman vrai, qu'on pourrait intituler "Claudine et l'Amérique".

Le but de mon voyage, vous le savez, était le lancement du James Bond n°4: une entreprise publicitaire qui n'a d'égale en importance que l'opération "Viva Maria". J'en reviens émerveillée. Du Canada au Nouveau-Mexique, du Michigan à la Floride, de l'Atlantique à la West Coast, j'ai parcouru la totalité du territoire, en long, en large et en travers. De New York à San Francisco, de Chicago à Miami, j'ai reçu, dans chacune des quarante-huit capitales, l'accueil d'une reine.



Vous étiez rassurée en arrivant là-bas ou craintive ?

Sur le paquebot, en plein océan, Sean Connery me répétait: "Vous n'avez rien à redouter, Claudine, vous êtes épatante". Et Terence Young ajoutait: "Entre les séances de montage et les projections confidentielles, j'ai vu le film dix-sept fois. Soyez tranquille : en ce qui vous concerne, c'est une réussite personnelle évidente." Voilà les gentlemen: ils vous rendent, à l'avance, responsable d'un succès dont ils sont les principaux artisans.


Deux hommes sont à la base de votre chance: Harry Saltzman et Albert Broccoli. En quoi consiste le contrat, particulièrement avantageux, dit-on, qui vous lie à eux ?

Il s'agit d'un contrat optionnel, aux termes duquel je m'engage à tourner -pendant sept ans- un film par an. Depuis la sortie d'Opération Tonnerre -et il en sera de même jusqu'en 1971, date à laquelle je reprendrai ma liberté- MM. Saltzman et Broccoli vont disposer de quatre-vingts jours pour me présenter un projet. Pour la réalisation de ce projet, ils exigent de moi huit semaines sur les cinquante-deux que comporte l'année. Je leur dois deux mois sur douze. Je puis disposer, à ma guise, des dix autres: pour tourner des films ou jouer une pièce.


Vous doutiez-vous que le rôle de Domino allait à ce point, et si vite, transformer votre destinée professionnelle ? Et vous faire passer du stade de second rôle à celui de vedette européenne?
Je savais, bien sûr, que les James Bond jouissaient d'une popularité immense, qu'ils faisaient des recettes fauleuses et que -par un phénomène de progression incessante- ils n'avaient pas seulement le meilleur box-office, mais un box-office chaque fois meilleur. Je n'ignorais pas, non plus, la promotion vertigineuse, le changemet radical de statut, qu'une Ursula Andress devait à "James Bond contre Dr No". Mais il faut vivre soi-même ce rêve pour croire à sa réalité.

2 commentaires:

Jeff a dit…

C'était quoi, ces '1 film par an' jusqu'en 1971 ?

Piotr a dit…

oui bonne question. J'avoue que je ne connais pas sa carrière...
force est de reconnaître qu'elle parle plutôt bien!